Les salariés de la télévision et de la radio publiques tchèques ont entamé mardi une grève pour s'opposer à un projet du gouvernement visant à réduire leur financement et à transférer ce dernier vers le budget de l'État, ce qu'ils qualifient de tentative visant à porter atteinte à l'indépendance et à la viabilité des chaînes.
Cette grève a entraîné des restrictions dans la diffusion des programmes et a aggravé le conflit autour de l’avenir des chaînes. Des manifestations publiques, soutenues par des artistes et des étudiants, sont prévues mardi après-midi.
Le projet de loi a été adopté en première lecture le mois dernier et doit désormais faire l’objet d’un nouveau débat au Parlement.
Le gouvernement populiste du Premier ministre Andrej Babiš a fréquemment accusé les médias privés et publics de partialité. Dans le cadre de sa refonte, la coalition souhaite supprimer la redevance audiovisuelle mensuelle de 205 couronnes (8,43 euros) par foyer — actuellement utilisée pour le financement.
Les détracteurs affirment que le transfert du financement vers le budget mettrait fin au lien entre les médias et les téléspectateurs qui les financent, et que les décisions de financement seraient alors exposées à des pressions politiques.
Andrej Babiš a réaffirmé lundi que le gouvernement ne faisait que tenir sa promesse d’alléger la charge financière pesant sur les citoyens.
(Jan Lopatka; Version française Rihab Latrache, édité par Augustin Turpin)

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